C’est vrai, pour une première, j’aurais sans doute pu choisir un entrainement dans nos Monts des Flandres, plutôt que les 60km des Drayes du Vercors, mais voilà, c’était aussi un bon moyen de savoir ce qu’elles avaient dans le ventre. En statique, on sent tout de suite cette souplesse de la semelle qui fait la nouveauté, ainsi que son biseautage. Le chaussant semble très bon, et le laçage ne pose pas de problème, même si les lacets paraissent un peu trop longs.
Par contre, dès les premières foulées sur le bitume du départ, on se dit vite qu’il va falloir les chevilles et les genoux pour les tenir, car le pied s’enfonce et travaille un peu dans tous les axes ; les pronateurs ou supinateurs excessifs ne trouveront sans doute pas leur compte de ce côté là.
Vite des cailloux ! Donnez-moi des cailloux à écraser pour voir un peu ! Et là, c’est tout de suite autre chose. Sur les chemins, pas de question à se poser : on avance, peu importe le terrain, on avance, et ce n’est que du plaisir ! On en viendrait à regarder le paysage plutôt que ses pieds, d’autant que la largeur de la semelle permet une bonne stabilité. L’accroche est bonne aussi, et n’a rien à envier à la XT Wings. La légèreté affichée est réelle. En montée, RAS.
Aïe ! Aïe aïe aïe ! Je ne cesse de me plaindre : première descente et catastrophe. Moi qui suis un descendeur, et qui voulais dérouler comme un diable, me voici à l’arrêt, recroquevillant les orteils pour gonfler le coup de pied, et éviter ainsi qu’ils n’aillent en buter au fond de la chaussure. Trop tard, le mal est fait. J’ai beau m’arrêter pour resserrer les lacets, rien n’y fait. Le maintien est à la peine dès lors que la pente devient importante, et je ne trouverai pas la solution. Dès lors, je devrai me résoudre à poser les talons plutôt que les pointes, ce qui en descente restera contre-productif.
Du coup, en même temps que s’envolent les secondes et les minutes, c’est aussi de l’agilité et de la précision en moins. Impossible de faire le cabri et d’aller de pierres en pierres …. le « surf » annoncé, n’a pas lieu, et ancien de la glisse, je n’en suis que plus frustré … Enfin, mal à l’aise, le pied dévisse par 2 fois, et l’entorse fut évitée de justesse. Perché à quelques 4 cm, çà doit salement craquer … Par contre, la protection générale et le pare-pierre est suffisant.
Retour au calme sur le plat, ce n’est que bien plus tard que je retrouverai un peu de plaisir, quand d’habitude après 50 bornes, on commence à sentir la voûte plantaire qui chauffe. Car là, rien ! Même neuves, sans préparation spécifique des pieds, aucun échauffement. On court toujours comme s’il s’agissait des premières enjambées en appréciant l’absorption de toutes aspérités du terrain, sans avoir l’impression que l’amorti ne s‘épuise.
Bilan, s’il m’intéressait de mettre à l’épreuve cette nouvelle chaussure, c’est l’inverse qu’il s’est finalement passé ! Certes, on ne peut lui soustraire certaines qualités, confort, accroche, souplesse, mais le maintien reste clairement problématique d’autant que j’ai déjà le pied large … La Hoka One One est à mon avis une chaussure qui se « mérite », et qu’il est nécessaire de dompter pour en apprécier toute sa valeur. Dernier point, attention aussi à sa solidité, car la mousse de la semelle porte déjà les séquelles de cette première sortie.
Z+> Amis « Z », si vous souhaitiez la tester, je vous la prête pour vous forger votre propre conviction ! Taille 10 US / 44 EUR. Pour ma part, je la remettrai, histoire de ne pas rester sur un malentendu ...




