Cela sent bon, au sens propre comme au figuré, puisque nous ne cessons de grimper pour nous retrouver bientôt dans les nuages : du D+, toujours du D+ ! Sans carte de randonnée, nous scrutons les petits panneaux indiquant des sentiers. Ici et là, certains indiquent des randonnées de 1h à 1h30' ... "too short" dès lors que l'on court. Le temps tourne, il est presque 16h30, et il va bien falloir s'arrêter quelque part ... aller, encore 5' de route, et coûte que coûte, on prendra ce qui vient.
Carmen de la Cruz, voilà qui sonne bien, et qui ressemble au point de départ de nombreux chemins. Pas de temps à perdre, le soleil décline. A la volée, nous lisons un plan sur un panneau, et nous partons droit sur le sentier en direction de la mer. Cela descend, la forêt est dense, mais par quelques trouées nous apercevons le paysage : mais où sommes nous ? Les premières images qui me viennent à l'esprit sont celles de l'Asie du Sud-Est (même si je n'y ai encore jamais mis les pieds) mais surtout toute proportion et délire gardés, celles de la baie d'Along : tout autour de nous les massifs, découpés en petites vallées, sont très escarpés et couverts de cette épaisse végétation. Des nuages s'y accrochent, la température est fraîche, et l'excitation est à son comble !
A partir d'une certaine altitude, environ 800 m, nous sortons progressivement de la forêt et passons à travers ces nuages. Le chemin se transfrome lui aussi, et suit maintenant le flanc de la montagne sous la forme d'un "single track" tout bonnement exceptionnel ! Tortueux, rocailleux, mais souple sous les pieds à cause d'une fine couche de terre rouge, je suis à bloc et distance Cécile un peu sur la réserve dans se décor qui l'oppresse ; le temps de faire quelques photos, et hop, çà repart. Bientôt, bien plus bas, nous apercevons au loin, le fond de cette vallée qui débouche sur la mer, et jusqu'à très près de celle-ci, nous serons encore sur les hauteurs.
La fin du sentier est magnifique. Tout en balcon, on surplombe l'océan à plus d'une centaine de mètres de hauteur avant de plonger sur la plage et de débarquer sur un des fameux spots de surf de l'île, bien que difficile d'accès et gardé par les locaux, El Fronton. Petite halte, mais la houle bien maigre, ne motive apparemment personne. Vu l'heure, et tout ce qu'il reste maintenant à remonter, nous n'irons pas jusqu'au phare de la pointe ; une prochaine, peut-être ...
Moins difficile qu'imaginé, le retour se fait sans ecombre, mais un peu sous pression compte tenu de la vitesse à laquelle se couche le soleil. Nous n'avons pas de frontale, et dans le noir, cela deviendrait vite compliqué. C'est d'ailleurs au crépuscule que nous rejoindrons la voiture, et que je prendrai en photo la petite église de Carmen de la Cruz, avant de s'arrêter plus bas sur la route pour en prendre une de Santa Cruz illuminée.



